10 souvenirs familiaux vraiment sympas.

10 souvenirs familiaux vraiment sympas.

family

J’en suis à une étape de ma vie où j’ai clairement envie de -excusez-moi l’expression- laisser la merde derrière moi. Il ne s’agit pas ici d’un article réconciliateur, ni d’un article qui signifie “pardonnez à vos parents les violences, après tout c’est votre famille.” Non c’est bien ici un article purement égoïste pour me faire du bien.

1. Quand ma petite sœur et moi étions dans la même chambre, on jouait à la bataille des pieds et on se toquait sur les lits à étage pour savoir si l’une ou l’autre dormait et on se parlait.

2. Les Noël. Avant que nous grandissions et que les Noël deviennent la merdicité incarnée, j’aimais bien les Noël en famille car c’était la seule période de l’année où l’on mangeait tous ensemble. Après l’ouverture des cadeaux, on restait entre frères et sœurs et on profitait de ces cadeaux, on parlait.

poissons

3. Les discussions avec mon frère sur notre balcon commun. Elles ont été peu nombreuses mais on discutait de films, de séries, de choses un peu plus sérieuses comme la famille. J’aimais bien.

4. La solidarité entre nous. Je me souviens qu’en première quand je suis remontée chez moi après mon agression, mon petit frère et ma petite sœur sont venus immédiatement vers moi me demander ce qui n’allait pas. Comme un instinct fraternel de voir la chef de meute affaiblie.

5. Le Quick. J’ai peu de souvenirs mais je me souviens quand j’étais vraiment petite, il y avait un Quick en ville et ma mère m’y amenait souvent pour y manger. Je passais du temps avec elle et j’avais toujours mon jouet. J’étais à ce moment précis vraiment une enfant (même si mes souvenirs sont très flous).

lionceau grr

6. Les jeux. On a eu une période où l’on se réunissait et on jouait ensemble. Pas tous mais on était 4 à jouer (je rappelle que nous sommes beaucoup de frères et sœurs) au Monopoly, Menteur, Président, Tas de merde. Ça finissait presque toujours en bagarre mais au moins on se réunissait et c’était sympa le temps que ça durait.

7. On avait beau se jeter sur la gueule avec mes frères et sœurs, j’ai toujours su que je pouvais leur faire confiance. Il y a toujours eu un accord tacite et solide entre nous que lorsqu’on se confiait des choses, ça restait entre nous. J’ai pu confier très vite à mes frères et sœurs que j’aimais les filles sans que mes parents le sachent.

7a. La réaction de mes deux frères quand je le leur ai dit (lors d’un jeu justement) : ils n’ont pas été choqués que je sois gay. Ils ne m’ont pas fait de reproches. Ils ont été choqués de ne pas avoir su plutôt et m’ont dit : “mais on est tes frères, t’aurais dû nous le dire dès que tu l’as su!” Ma petite sœur aussi m’a dit qu’elle s’en foutait et qu’elle n’avait aucun problème avec ça et ça a semblé normal aux deux dernières.

cygnes

8. Les Nouvels Ans dans ma ville et l’autre ville à côté. Une année sur deux, c’était dans l’une des villes. Mon père nous amenait voir les animations spectacles. Une année c’était de la musique techno et je me souviens avoir danser seule. C’était vraiment super sympa.

9. Je me souviens d’une journée où mon père nous avait amené dans des montagnes et l’où on avait de la luge. J’avais passé mon après-midi à descendre et monter dans la montage faire de la luge. J’ai des photos et apparemment mon frère s’était enfermé dans la voiture, le petit enfoiré 🙂.

10. Mon père tout connard qu’il est, a été là. Maladroitement, connement mais il  a été là. Je me souviens d’un jour qu’il a débarqué dans mon centre aéré en gueulant pour savoir qui m’avait craché dessus et insulté au cinéma. Je me souviens que lors de mon agression en Première, il est descendu à pieds dans les escaliers pendant que je remontais dans l’ascenseur, près à détruire les meufs qui m’avaient tapé. Il a été là quand on est allé à la police et quand on a porté plainte.

6

Il a de suite porté plainte pour diffamation quand mon ex-meilleure de lycée a dit que je tapais et insultait ma mère. Il a gueulé à l’assistante sociale que c’est moi qui m’occupait de mes frères et sœurs quand ma mère était en maison de repos.

Il ne m’a pas lâché quand j’étais en HP, mon dieu ce qu’il était casse-couille, à raconter ses histoires et me faire chier alors que je voulais être tranquille mais il ne m’a pas lâché, il débarquait alors que je lui avais dit que je le recontacterai quand je voudrais qu’il vienne car il savait que je ne le ferai pas.

Mais c’était un instinct animal, il ne pouvait pas être sans nouvelles de son enfant qui avait tenté de se tuer. Il a fait tout de travers à chaque fois, ce mec est clairement une calamité mais il a été là. Il tenait le choc à sa manière contrairement à ma mère qui est fragile comme une merde, même si elle a fait ce qu’elle a pu. D’ailleurs elle-même a eu les bons mots en HP. Elle m’a énormément aidé. Pour une fois. Elle a assuré.

je suis badass

Je ne vais pas vous mentir,  à la fin de cet article, ce qu’il en ressort c’est du gâchis. Gâchis de ne pas être proche de mes frères et sœurs, gâchis de nos enfances brisées. Parce que oui, le but de cet article était d’en ressortir le bon et le positif mais la vérité est que ses points représentent une minorité par rapport aux violences morales et physiques. Ça ne représente rien par rapport aux disputes, aux insultes, aux coups, à toute la violence que je/on subissait. La vérité c’est que mes souvenirs familiaux ne sont qu’une tartine de merde, que dis-je un paquet entier de gâteaux, que j’aimerai oublié.

La vérité entière et crue c’est que je ne peux pas. Parce que la vérité entière et crue c’est que je suis plus proche de deux amies à moi que je ne connais depuis 2 et 3 ans que mes frères et sœurs. Ma soeur a 2 ans de moins que moi. Et on ne se connaît pas et ni l’une ni l’autre ne faisons parties de la vie de chacune. Hier, je lui ai dit qu’elle me manquait mais elle ne m’a pas répondu “moi aussi, tu me manques” car on ne peut pas écrire ça à quelqu’un qui n’a jamais fait vraiment parti de sa vie.

explore

Mon frère cette année a fait son entrée en prépa, une année charnière et importante mais je ne sais rien de sa vie dans sa nouvelle ville. Il n’est pas disserte sur sa vie et vous savez pourquoi ? Parce qu’on n’a jamais communiqué dans cette famille. Chacun fait sa vie comme bon lui semble. J’ai traversé des épreuves dans ma vie au cours de cette année et sans doute que mes frères et sœurs également mais je n’en sais rien.

On ne peut pas changer le passé et ce qui est mais on peut voir le positif dans tout ça : je refuse obstinément d’avoir dans ma vie personnelle des gens qui me tirent vers le bas, je refuse farouchement des relations irrespectueuses, je refuse qu’on me maltraite de quelques manières que se soit. Et surtout, je dis ce que je pense. Et j’emmerde la bienséance et l’hypocrisie.

appart

Je ne suis pas comme la plupart des gens régit par le quatrième commandement qui stimule qu’on doit honorer ses parents et plus largement sa famille : je me suis construite seule et je ne dois rien à personne. Si je n’avais pas un minimum d'(a)plomb dans la tête, je serai à l’heure actuelle en prison car détruite par mon passif familial. Je suis ma propre base solide.

J’ai acquis une capacité énorme à me démerder seule. Je suis indépendante et n’est pas peur de me barrer seule en vacances. D’aller au cinéma seule, de faire du shopping seule, de prendre un café seule. Je suis friande de voyages et découvertes et n’attends sur personne pour faire ce dont j’ai envie. Je fais ma paperasse seule, je gère mon budget, je m’achète avec mon salaire ce dont j’ai besoin.

victory

Quand j’étais au chômage, sans revenue, je me payais seule ma mutuelle et mes affaires que j’avais besoin au quotidien.

Je n’ai pas peur d’aller seule demander de l’aide, un renseignement, quelque chose que je n’ai pas compris aux administrations, à l’administration de mon taf.

Je suis actuellement en train de budgter seule mes meubles pour avoir enfin mon appartement que je vais payer seule. Je jongle en même temps avec mon permis et la voiture que je dois me payer. Tout ceci est en pleine maturation. Vous seriez aussi démerde à 24 piges, vous ?

plage

J’ai appris et j’apprends encore à prendre soin de moi. J’apprends tous les jours qui je suis et je refuse désormais des responsabilités qui ne m’incombent pas, j’ai appris à être une enfoirée avec les gens qui m’ont porté atteintes de quelques manières que se soit, je sais qui sont mes amies et j’ai pris conscience que je n’ai pas besoin d’être beaucoup entourée pour être bien entourée.

En finissant cet article, à ce moment précis, j’en ressors avec la fierté d’être qui je suis malgré mon parcours. Je suis une putain de meuf badass et j’ai pas honte de l’affirmer. Il faut parfois se faire des compliments. Je commence à savoir ma valeur et tout le monde devrait savoir la sienne.

Et vous alors, quels sont vos beaux souvenirs familiaux ? Qu’est-ce que votre famille vous appris ?