“Si tu l’as vécu comme une agression, c’est que ça en était une”.

“Si tu l’as vécu comme une agression, c’est que ça en était une”.

Attention cet article peut être difficile à lire et parle de sexualité.

C’était mon premier Amour. Je l’aimais. Pire que ça, j’étais sous emprise. Quand on faisait l’amour, elle ne comprenait pas pourquoi je ne jouissais pas. Elle me disait : “tu penses à n’importe qui, mais je veux que tu jouisses”.

Je m’exécutais mais je ne jouissais pas. Jamais. Je me masturbais la plupart du temps après nos rapports car la relation avançait et je ne ressentais rien. Un jour, elle m’a appelé “peine à jouir”. Elle m’a regardé droit dans les yeux et m’a appelé “peine à jouir”.

Un jour, on l’avait fait. J’allais à la salle de bain me brosser les dents et elle m’a prise par derrière par les doigts, en levrette. C’était bon mais… un détail me chiffonne… elle ne m’a jamais demandé mon autorisation. On n’en a jamais parlé. C’était bon… mais je ne pense pas que j’aurai été prête pour ça.

Après nos rapports, j’allais parfois aux toilettes. Elle s’asseyait sur moi et me disait de pisser ou faire caca. Et je lui disais non, je voulais qu’elle parte. Elle insistait mais je ne cédais pas. Je ne faisais rien tant qu’elle ne partait pas.

Un jour, comme je ne mouillais pas ou très peu avec elle, j’ai eu très mal. Super mal au point de rester sur la lunette des toilettes. Elle a mouillé son doigt d’eau froide et me l’a mis sur le clito. Je me souviens m’être figée et avoir pensé “pourquoi elle ne m’a pas donné un gant de toilette ?”. Mais je n’ai rien dit, tétanisée.

Elle a juste mis son doigt, elle ne m’a pas doigter/titillé mais elle ne m’a pas demandé mon autorisation. Mon corps lui appartenait. J’en ai parlé un jour avec une amie et je lui ai dit que non, que ce n’était pas une agression, elle ne m’a pas doigté, elle essayait juste d’être gentille. Mon amie m’a répondu : “arrêtes tu lui cherches des excuses !” “Si tu l’as vécu comme une agression c’est que ça en était une”. Donc ça en était une.

La première fois qu’on a dormi ensemble, ça a dérapé. Je lui ai léché les seins. Je n’étais pas prête à faire l’amour, j’ai fait un blocage dû à mon hirsutisme. Elle n’a rien dit et m’a dit que c’était pas grave mais m’a traité de grosse salope le lundi même car je n’avais pas à la chauffer. En fait elle m’a traité de salope car j’ai osé faire une blague qui allait loin.. Mais elle pouvait me dire “tête de bite”, “gougniafière” sans soucis. Elle pouvait faire mine de m’en foutre une ou de m’étrangler alors qu’elle savait que j’avais été tapée et insultée par mon père.

J’ai été particulièrement humiliée quand elle m’a lavé. Elle n’a rien dit, elle m’a lavé. Je pensais à quelque chose de romantique, se laver mutuellement mais quand je lui ai demandé si elle voulait que je la lave, elle m’a répondu non.

Elle critiquait mon amie, ma façon de m’habiller, mon comportement. Je n’étais jamais assez bien pour elle. JAMAIS.

Lors de mes vacances à Marseille, j’ai mangé une dorade en terrasse seule et j’ai attendu un Connard mal-traité sa copine : “mais pourquoi tu prends des frites ? Pourquoi tu ne prends pas une salade?” “Mais c’est pas comme ça qu’on mange des moules, t’es nulle mais t’es nulle!” Et à la fin du repas, elle lui a demandé si elle avait bien choisi un meuble. Sauf que c’était pas demander un avis d’égal à égale, c’était demandé d’une façon qu’elle était sous-emprise. Genre “est-ce que j’ai bien de choisir ça ou tu ne seras pas content ?” Connard. Mais j’étais en vacances et je n’ai rien dit… Mais ce mec traitait mal sa copine. Connard. J’espère qu’elle ne va pas emménager avec lui. Connard.

L’Histoire que j’ai vécu avec mon premier Amour n’était rien pour ma part, comparé aux faits qu’on me confie. Et vous savez ce qui me fait vomir le plus ? C’est que ça paraît courant, ça paraît courant que des femmes subissent des agressions verbales/sexuelles comme ça. Ça paraît normal. Ça me dégoûte !!!! J’ajouterai pour finir, si vous pensez que vous avez subi une agression, ça en est probablement une. Ne laissez personne définir ce que vous avez subi, vous SEULE savez. Et ça n’est pas de votre faute. Que vous ayez dit non ou pas (l’état de sidération ça existe et quand on est à l’écoute de son partenaire, on sent quand quelque chose ne va pas !!!). Vous êtes pas quelqu’un de sale ou quelqu’un de mauvais. Les agresseurs sont les coupables, pas les victimes.