RDV.

RDV.

En fin de semaine j’ai rendez-vous avec l’assistante sociale de la MDPH pour parler de mon cas. Je ne suis pas à l’aise. J’ai l’impression d’être une imposteur. Je m’attends à ce qu’elle me dise (dans un langage plus policé) : “non mais vous n’avez rien à faire ici, vous n’êtes pas handicapées!”

Je n’en sais fichtrement rien. Il y a des jours où je me dis que non, je ne suis pas handicapée, que je n’ai rien à faire à l’hôpital de jour. Que j’ai pleinement mes facultés.

Sauf que… avec toutes mes rechutes, j’ai perdu en capacités mentales. Que je ne suis plus un cours ou une conversation comme je le devrais, que je pars dans mes pensées, que je stresse à la moindre chose. Que je suis instable et que je ne sais pas gérer mes colères. Mais peut-on appeler ça vraiment un handicap ?

Ma psy me dit aussi que je me fixe sur des gens et que ça part en colère. Il ya eu ma mère (pour moi c’était totalement légitime mais bref), un collègue de promo et là une infirmière que je trouve faux-cul et lèche-boules.

Après je ne demande pas de sous, je veux juste la reconnaissance travailleur handicapé et pouvoir accéder à une formation ou un emploi adapté et qu’on ne puisse pas me virer si je rechute une nouvelle fois. J’ai 2 amies qui ont la RQTH et qui sont en emplois. J’espère être la prochaine à avoir un emploi stable. Juste ça.

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Je déconne.

Je déconne.

La psychiatre m’a dit que mon psychisme était instable. Que probablement à ma naissance, je n’ai pas eu de contacts avec ma mère. Et c’est vrai à la naissance j’étais intubée.

Qui pourrait croire qu’un si mince événement comme le contact avec sa mère pourrait créer un enfant borderline ? A voir ou pas… N’oublions pas que j’ai vécu avec un père pervers narcissique.

J’ai encore déconné. Je me suis inscrite sur des formations en agent de fabrication. L’usine. Genre moi, je pourrais supporter l’usine. Je suis toujours comme ça, je suis tellement désespérée que je fais n’importe quoi ! Qu’est-ce que je m’énerve !

Je ne le dirai probablement pas aux infirmières de l’Hôpital de Jour pour ne pas être reconvoquée chez la psychiatre mais sans déconner, j’en ai marre de ne pas avancer d’un chouilla.

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Lui.

Lui.

Il m’a nettoyé ma voiture et ne m’a rien dit. Il m’a passé des tapis, une brosse. “Tu viens boire un coup?”. J’ai dit oui parce qu’il m’avait rendu service.

Il me raconte sa vie. Quelques anecdotes dont j’ai déjà entendu parler. Il vocifère, il insulte. Il est drôle, je ris à quelques blagues. C’est drôle parce qu’avant je le trouvais insupportable mais je le trouve drôle.

Je pense c’est le fait d’habiter seule, de ne plus habiter avec la personne. Bon, je pars à 16h. Il me resserre, d’accord 16h15 bon 16h30. Tiens, pour la première fois, il évoque son beau-père. Sa mère se serait donc remariée ?

Je ne le questionne pas plus même si j’aimerais. Il raconte sa vie dans les chantiers. A l’armée. J’analyse que c’est comme ça qu’il a pu tenir malgré son côté borderline.

Il me raconte ensuite quelque chose que je lui ai parlé avec exactitude et ça m’étonne grandement. Depuis quand il écoute et retiens ce que je lui ai dit ?

A la fin et avec une sincérité déconcertante il me dit : “ça y est, je t’ai assez saoûlé ?” Je lui réponds avec sincérité que je l’ai trouvé drôle. Et là il me sort que la dernière parle comme sa mère, qu’il a peur qu’elle termine à l’hôpital psychiatrique.

Et je lui réponds : “il y a déjà eu deux, on ne veut pas d’une troisième!”. Et je me demande : a-t-il dit ça pour me blesser ? Va-t-il rendre ma soeur folle ? Qu’est-ce que cela voulait dire ?

Et je décide de lâcher prise en écrivant cet article car après tout, cette période là est terminée, je vais bientôt guérir, je vais reprendre ma vie en mains. Pourquoi ses paroles m’atteignent-elles toujours autant ?

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Le déclic.

Le déclic.

Je suis grosse. Je fais 96 kilos pour 1m72. J’ai 31 kilos à prendre. 30 putain de kilos à prendre. Je m’essouffle au moindre effort. Quand je marche, quand je marche un peu vite.

Et le pire dans tout ça c’est que je respire par la bouche. Mon nez est constamment bouché. Les médicaments, je crois. Non, il y a pire, je sais déjà que je ne vais pas mieux manger, me mettre au sport pour que j’aille mieux.


J’ai un double-menton et j’ai un ventre d’une femme enceinte de trois mois. Il me faudrait un gros déclic genre le diabète. C’est horrible à dire et je ne veux pas avoir de diabète.

En fait, il me faudrait la vraie motivation. Me mettre au sport genre basket. Non en fait il me faudrait un vrai déclic, quelqu’un de confiance qui me dise : “tu es grosse, si tu continues comme ça, tu auras le diabète”.

J’aurais aimé faire un article prônant le body-positive, de vous dire d’accepter votre corps mais si comme moi vous ne vous aimez pas, ne vous réfugiez pas dans la bouffe comme moi, allez voir un nutritionniste, faîtes du sport mais surtout glaner des conseils autour de vous !

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Alors ta vie ?

Alors ta vie ?

Je suis supposée réfléchir à ma maladie, la questionner, poser les choses, me stabiliser… Alors j’essaye de faire ça mais je ne peux pas m’empêcher de penser à mon avenir.

J’ai postulé à une formation en logistique mais j’ai réfléchi et rien que d’y penser mon corps battait à 100 à l’heure. Je ne supporterai pas la pression du métier, gérer les imprévus, le stress…

Je pense encore et toujours à secrétaire mais j’ai deux versions, on me dit qu’il y a du boulot et on me dit qu’il n’y en a pas ! Que faire ?

La vérité c’est que je pense, je n’ai pas assez d’idées de métiers et pourtant ce n’est pas faute de faire des recherches ! On me dit également que le bilan de compétences va juste me donner mes points forts et mes points faibles et c’est tout.

Je sais déjà quels sont mes points forts, l’écriture et l’écoute. Mais en fait le plus frustrant dans tout ça c’est de ne jamais avoir de réponses claires. Super j’ai appris au cours de ses deux dernières années que je ne pouvais pas travailler avec du public!

Sauf qu’on travaille toujours avec des gens donc à partir de là, je fais quoi ?! Tout est compliqué chez moi : la vie de famille, la vie amoureuse, le permis, trouver un travail.

Chez la plupart des gens tout coule de source mais pas chez moi ! Je sais que tout à une fin mais j’aimerai que se soit avant mes 30 ans. Que je reprenne une formation en septembre ou que j’ai un travail adapté. Ne pas crever la dalle avec le rsa.

Vous savez que je me pose quand même la question de savoir si je dois aller en ESAT ou non ! Quelle victoire pour une ex-éducatrice ! La balance penche plutôt vers non.

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Mon enfance.

Mon enfance.

J’ai déjà écrit ce type d’article.

J’ai 8 ans. Je fais un caprice. Je crois que je ne veux pas du cacao. Ma mère dit à mon père, partant au travail : “Léonie, ne veut pas manger”. Mon père répond “de toute façon elle n’a pas besoin de manger cette grosse vache.” Voici la première insulte que je me souviens de mon père.

Je suis encore petite. Ma soeur est là. Je ne sais plus pourquoi mon père se dispute avec ma mère. Tout d’un coup, mon père prend une fourchette et la plante sur le bras de ma mère. On est surprise avec ma soeur.

J’ai 14-15 ans. Mon père m’a traité de pute. Je ne sais plus pourquoi. Je pars pleurer dans le débarras avec le journal. Mon père revient tout gentil et me propose de manger.

J’ai encore 15 ans, mon père m’emmène au lycée. Je veux lui parler de ma meilleure amie A., je commence à lui parler et il me dit “j’en ai rien à foutre de ta vie”.

J’ai 15 ans encore, mes parents se disputent. Ma mère, une fois de plus, vient dans ma chambre. Je lui dis de partir et de ne plus revenir. Je ne suis pas sa mère.

J’ai 18 ans, depuis longtemps, j’ai envie de mourir, je vais dans la cuisine et ouvre la fenêtre et m’imagine sauter. Ca va tout de suite mieux. 5 ans plus tard, je ferai véritablement une tentative de suicide.

J’ai encore 18 ans, j’ai encore envie de mourir, je pense de plus en plus à sauter de mon balcon. J’ai envie de le faire. Je le fais ? Oui, je le fais. Quand une chose m’arrête, on est le 13 mars et ma soeur a 16 ans aujourd’hui.

J’ai 20 ans, ma soeur passe son baccalauréat. Mon frère la fait chier. Il met la musique forte alors qu’elle révise son baccalauréat. Ca se finit en insultes. Mon père au lieu de ramener le calme, insulte ma soeur de grosse vache. Ca se répète. Elle a eu son baccalauréat. Maintenant elle vit en Angleterre et ne rentre plus.

Je ne sais plus quel âge, j’ai. Je ne sais plus comment ça a commencé. Mais avec mon frère on s’insulte, sans doute de connard, de conne, de pute, de salope, de raté. Mon frère fait 1m80, il me bloque le bras. Je ne lâche pas et je veux lui rendre les coups. Mon père intervient.

Je dois avoir 16-17 ans. Mes soeurs ne doivent pas dépasser les 5 ans. Je vois ma soeur, l’avant-dernière, prendre la tête de ma dernière petite soeur et de la taper contre le radiateur. J’interviens.

J’ai probablement 11 ans, on est devant la télé. Quelqu’un dort. J’entends mon père répété “sale pute, sale pute”. Je demande s’il parle de moi. Je suis stressée. Il me dit non. Il parle de ma mère.

Je suis au collège. A., vient me chercher. Je ne la fais pas rentrer dans l’appartement. Je sors et je lui dis: “ils sont encore en train de s’insulter”.

Des souvenirs comme ça, j’en ai encore à la pelle mais je vais éviter de vous les partager. Si vous deviez retenir une chose, c’est DENONCER ou AIDER les gens victimes de violences ! Ca brise des vies ! Une dernière pour la route :

Je suis dehors. Il y a les voisines. Je dois être à l’école primaire, l’une me dit : “on t’a entendu pleurer, on sait que ton père t’insulte.” Je dis non. Mon père m’avait effectivement insulté le jour d’avant. Tout le monde savait, personne n’est jamais intervenu.

Je suis actuellement à l’hôpital de jour, je ne sais pas si j’aurais un boulot un jour. Vous croyez sérieusement que ça aurait été pire dans une famille d’accueil ou dans un foyer ? Vous croyez que j’aurais fini pire que ce que je suis maintenant ?

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Pire scénario ever.

Pire scénario ever.

Dans This Is Us, Randall parle du pire scénario possible avec Beth. Alors voilà je m’imagine à 30 ans sans travail. Je suis obligée de retourner chez ma mère ou mon père car je suis endettée parce que je ne touche que le RSA.

Je n’ai pas de copine, le peu d’amis que j’avais m’ont laissé tomber car ils avaient marre que je ne puisse jamais me déplacer. Je passe ma vie en hôpital psychiatrique et on découvre que je suis schizophrène.

En fait Randall a tort, ça ne va pas mieux.

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Je me sens mal…

Je me sens mal…

Les borderlines sont des êtres éminemment émotionnel et j’ai appris que les borderlines pouvaient avoir une sexualité débridée… J’avais rencontré une fille et je lui ai dit “on prend notre temps.”

Sauf que le mercredi soir où je dormais chez elle (excusez-moi mais il m’est arrivé de dormir chez des gens sans qu’il ne se passe rien), elle m’a chauffé et ce qui est arrivé… est arrivé…

Le lendemain je me suis sentie mal. Parce que je lui avais dit que je voulais prendre notre temps et elle s’est servie de moi. Elle ne m’a pas violé attention mais elle n’a pas respecté mon souhait.

Je m’en veux car ce n’est pas la première personne à qui je cède et je me sens mal. Avec elle particulièrement car on ne se connaissait pas si bien que ça, que j’avais imaginé qu’on prendrait notre temps comme je le lui avais demandé.

La vérité, comme tout borderline qui se respecte, ma sexualité n’est pas bien. ATTENTION chacun fait ce qu’il veut de son corps mais moi je ne veux pas céder à la première venue.

Je lui ai dit que je me sentais minable et elle s’est excusée mais je lui ai dit ensuite que je voulais qu’on s’arrête. Quel genre de relation pourrais-je avoir avec une nana pareille ? D’ailleurs ce n’est pas la première fois qu’elle ne respectait pas mon souhait.

Tout ça pour dire que je me sens minable et j’ai honte. Mais j’espère qu’avec cet article, je me sentirai mieux… J’aurais voulu en parler à ma psy mais je la vois dans 11 jours ! Et depuis jeudi je traîne ce mal-être…

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Et si vous aviez la possibilité de voir l’avenir?

Et si vous aviez la possibilité de voir l’avenir?

Dans les périodes de grandes incertitudes comme celle-ci, je rêve d’aller voir une voyante. J’aimerai qu’elle me dise comment sera constitué mon avenir.

Si je travaille ou pas, si j’ai des enfants, si je suis heureuse. Mais honnêtement s’il y a 10 ans elle m’avait dit qu’à 26 ans j’enchaînerai mon troisième séjour en psychiatrie et qu’en plus j’allais aller à l’hôpital de jour, je pense que je me serai suicidée avant mes 23 ans.

Franchement qui rêve de cet avenir-là ? Et vous imaginez si elle me dit : “en fait vous n’aurez jamais d’enfants, vous allez enchaîner les séjours en psychiatrie et vous allez finir à l’ESAT.” ADIEU.

Vous vous rendez compte la vie de merde ? Voilà, on dirait un énième article plaintif mais la vérité c’est que je ne sais pas quoi faire. Comme toujours, je suis perdue.

La psychiatre de l’hôpital de jour me conseille de me concentrer d’abord sur ma “maladie” (je ne sais même pas si on peut appeler ça une maladie!) et ensuite faire mon bilan de compétences.

Même un boulot adapté dans une mairie genre secrétaire ça me conviendrait. Mais je ne sais pas, suis-je vraiment malade ? Est-ce que je ne me trouve pas des excuses après tout ?

On dit que le trouble borderline peut se soigner. Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien.

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Comment ne plus parler à ses parents ?

Comment ne plus parler à ses parents ?

Je ne sais pas pourquoi mais ma psychologue tient à ce que je parle à mes parents. Je le dis et le répète si vous trouvez que vos parents vous ont maltraité d’une quelconque manière, ne leur parler plus !!

Aujourd’hui j’ai vu mon père et c’est fou comme il est haineux et rempli de colère et qu’à son contact, je deviens comme lui. Il est tout ce que je déteste raciste, homophobe.

Il a parlé de “negro”, dit régulièrement “PD”. Je ne sais pas pourquoi un jour il m’a fait un speech sur la gaypride. Comme si j’allais devenir hétéro ou peut-être que c’était pour m’atteindre, je ne sais pas et je m’en fous!

Je pense qu’une fois qu’on a atteint la haine envers quelqu’un, on ne peut plus l’aimer et ça fait longtemps que je n’aime plus mon père. Mais quand j’ai besoin il est là. Mon père est quelqu’un d’archi-serviable.

Il m’a aidé à réparer ma voiture, m’a aidé pour mon auto-radio… Pour mes réparations il ne m’a demandé que la moitié de l’argent et encore il me disait “ça ne presse pas”.

Honnêtement, je lui parle encore parce que je n’ai personne d’autre et qu’il est archi-débrouillard. Il m’a glacé le sang quand ma soeur m’a appelé au téléphone et que j’ai entendu qu’il gueulait.

Et son couplet sur les blancs qui, je cite “se font enculer par les negro”. Et vous savez quoi? Le pire c’est que moi aussi, j’en venais à penser que c’était les étrangers le problème! A forcer d’entendre toujours le même refrain, ça vous gangrène !

Alors que je connais une dame algérienne extra! En fait, fréquenter les personnes nocives, c’est vraiment dangereux pour notre santé mentale. Samedi, je dois voir ma mère et je n’en ai aucune envie mais je vais la voir pour tester comment je me sens.

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