This is not a happy ending. For now.

This is not a happy ending. For now.

Ca ne sera pas un beau texte tout positif et plein de douceur.

C’est terrible, j’ai l’impression que mes envies suicidaires se sont amplifiées depuis que je suis à l’hôpital, comme si c’était un passage pour me détruire. Ou plutôt mes pulsions sont exacerbées car je suis dans un endroit sécurisé.

Je vais essayer de vous décrire comment ça se passe pour vous montrer à quel point ça me bouffe et à quel point ça change une personnalité. Ce matin, très tôt, j’ai pensé à ma vie.

Je me suis dit qu’à 25 ans, je n’avais encore rien accompli. Que j’étais comme ma mère, que j’enchaînais les séjours à l’hôpital, que je ne faisais rien de constructif dans ma vie.

Et qu’en plus de ça, à partir de lundi prochain, j’allais aller à l’hôpital de jour. Comble de l’abattement. Alors qu’avant, j’étais combative, j’ai quand même tenue 23 ans, j’ai eu mon baccalauréat.

Et tout ça pour quoi au final ? Des problèmes psy. J’aurais préféré ne pas être diagnostiquée. De l’alcool. Trois bouteilles. Tout oublier. Alcool.

Musiques pour se détendre. Trois bouteilles. Du rosé, du crémant et de la vodka. J’achète ça au Leclerc, je les bois, je les fais passer avec à manger et je m’endors.

On me retrouve dans le coma et je crève ou pas. Je retourne en HP. Ca vous semble anodin ? Dîtes-vous bien que le scénario tourne en boucle dans ma tête.

Il s’est arrêté quand mon psychiatre m’a promis lundi de me mettre sous lithium. Et depuis trois semaines, c’est tout le temps comme ça, ça va moyen envie d’alcool, ça va sans être l’excitation, ça va moyen, envie de scarification.

Et croyez-moi c’est d’un fatiguant. Je ne suis plus moi, se sont mes humeurs qui conduisent ma journée. Hier par exemple, je n’avais envie de rien alors j’ai visité l’hôpital de jour et je suis rentrée à l’HP dormir. Evidemment je n’ai quasiment pas dormi de la nuit.

Ne croyez pas que j’essaye qu’on me console mais franchement quand je vois ma vie, je pense que je n’aurais pas dû me rater il y a trois ans. Toute cette énergie dépensée jusqu’à mes 18 ans et plus pour survivre à une famille maltraitante et au final pour quoi ?

Pour ressembler à ma mère cette cas sociale. Ma psychologue me dit que ce n’est pas de sa faute si je suis comme ça mais excusez-moi mais si elle avait quitté mon père eh bien peut-être que je serai partie avec plus de chance dans la vie.

Mes cousines, que je ne fréquente pas parce que nous sommes les cas sociaux de la famille, ont une mère (logique), la soeur de ma mère. Ma tante est vendeuse, son mari gendarme, j’ai une cousine gendarme et l’autre sage-femme. Alors excusez-moi mais l’ambiance familiale ça compte. Je suis en colère.

Tout ça n’a aucun sens. A quoi ça sert de se battre si au final, c’est pour avoir des problèmes psy ? Vous savez que le lithium c’est pour les bipo donc ça veut quand même dire que je suis à la frontière.

C’est dégueulasse. Je la veux, moi, ma famille. Je le veux, moi, mon travail. Je ne veux pas aller en hôpital de jour, je ne veux pas me balader, chanter ou je ne sais quoi !

J’ai été de l’autre côté bordel! J’ai été éducatrice!! Franchement, c’est vraiment de la merde, ne foutez jamais les pieds en psychiatrie parce qu’après vous y êtes à vie. Vous savez que les infirmières là-bas m’appelle par mon prénom ?

Il y a un mois, j’arrivais avec ma valise et on m’a spontanément dit : “Bonjour Léonie!”. Si ce n’est pas ignoble. C’est chronophage. Et on s’habitue tellement à cet endroit. A s’occuper comme on peut, à manger à heure fixe, à se retrouver à table pour le petit déjeuner.

On se parle, on se lie un peu mais on fait attention à ne pas franchir une frontière. Parfois on franchit une frontière mais pour ma part je l’ai rarement laissée ouverte.

Je déteste cet endroit, je n’aurais jamais voulu y mettre les pieds. J’aurais dû faire un CAP pour partir de chez moi. J’aurais dû rester à la Rochelle et ne jamais revenir.

Je ne vois vraiment pas pourquoi j’ai vécu tout ça si au final il n’y a pas un happy-end. Si au final je ne retrouve pas un boulot, la femme de ma vie et mes enfants.

Je ne veux pas être une putain d’handicapée (ah bah oui car figurez-vous ma demande de RQTH va être faite, hourrra!) qui fera subir à sa famille ses troubles. Je ne veux pas que mes enfants voient leur maman M à l’hôpital. Si je n’étais pas sous traitement, je crois que j’aurais pleurer toutes les larmes de mon corps.

Quelle putain de pute de chienne de vie! Ah et pitié, ne me dîtes pas qu’il y a pire que moi et que je dois arrêter de me plaindre, ce n’est pas le moment et je risque d’être méchante ! Et cet article n’a pas pour but d’insulter les handicapés, j’ai surkiffé travailler avec eux! Enfin ceux qui me connaissent comprendront, les autres fermer cette page et aller vous faire un thé.

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4 réflexions sur “This is not a happy ending. For now.

  1. Je comprends ta frustration. Mais peut-être que plutôt que de lutter contre tes problèmes psy, tu devrais juste les accepter. Peut-être que ce qui te détruit c’est justement de refuser tes troubles. Et les accepter ne veut pas dire que tu ne t’en sortiras pas. Selon moi, si tu acceptes la maladie et les traitements, tu vas apprendre à vivre avec, et tu as des chances de t’en sortir. Je pense qu’actuellement, tu devrais te focaliser sur ton bien être psychologique, et non sur le fait de trouver un travail, même si tu penses qu’un travail va t’aider. Il faut que tu lâches prise, que tu acceptes d’être aidée, et que tu te dises que c’est passager.

      1. Plutôt que de voir l’hospitalisation comme une punition, essaie de voir cela comme une aide. J’essaie de me rassurer en me disant qu’on galère tous dans la vie, certains en début de vie, d’autres sur la fin. Tu as été forte jusqu’à présent, ne baisse pas les bras maintenant, même si ça semble trop difficile de continuer. Ne lutte pas contre la maladie, mais bats-toi pour rester en vie. Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire, je sais ce que c’est de se sentir au fond du gouffre, se demander “pourquoi moi?” sans avoir de réponse.

        Si tu as du wifi à un moment, jette un oeil à la chaîne Youtube de Benjamin Lubszynski, il propose de l’hypnose, et il me semble même que tu peux télécharger le contenu pour l’écouter sans wifi. 2018 a été une année vraiment horrible pour moi, et je pense que c’est ses vidéos qui m’ont aidée à tenir le coup (même s’il disait qu’il faut répéter les séances d’hypnose dans le temps). Et au pire, si t’es pas inspirée, c’est pas grave, c’est juste une piste pour essayer de t’aider.

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