Doit-on empêcher son enfant de vivre ses rêves ?


Ma liiiiife / dimanche, août 5th, 2018

Ma petite soeur, la dernière, veut devenir footballeuse. Je sais très bien qu’elle le deviendra pas. Elle n’est pas inscrite à sport études. Quand elle parle de ça, je ne réponds rien car je sais la vérité : elle ne deviendra pas footballeuse. Je suis partagée entre lui dire et la laisser dans sa rêverie pour qu’elle continue à bien bosser à l’école.

Ce qui m’a fait tenir toutes ses années, c’est de m’imaginer journaliste. Ca m’a poursuivi jusqu’à mes 18 ans jusqu’à ce que je comprenne que je n’étais pas assez douée pour aller à sciences politiques. J’ai arrêté de croie en mon rêve et j’avoue que depuis ce temps-là, je n’ai plus la “flamme”, je n’ai plus la passion d’un métier.

Mais si on m’avait mieux informé, j’aurai fait un CAP pour avoir un travail plus vite et partir de chez mes parents. Cela m’aurait évité toutes ses années de souffrance. J’aurais pu partir à 18 ans de chez mes parents et là, j’aurais une bonne situation professionnelle et je ne galérerai pas comme maintenant. Ou j’aurais continué mes études jusqu’au master pour avoir une vie professionnelle. Ou encore, j’aurais fait un BTS en initial.

On ne fait pas la vie avec des “si”, je le sais bien. Comme je ne sais pas s’il vaut mieux briser les rêves d’un enfant et le faire revenir sur terre ou ne rien lui dire jusqu’à ce qu’il se rende compte par lui-même que ce n’est pas faisable. En tout cas, je sais qu’avoir une personne référente m’aurait évité de me retrouver dans la galère que je vis maintenant. Quel est votre avis ?

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24 réponses à « Doit-on empêcher son enfant de vivre ses rêves ? »

  1. Il vaut mieux qu’elle croit en ses rêves et qu’elle se rende compte toute seule qu’elle ne se donne pas les moyens de faire ce qu’elle veut. Sinon, elle en voudra toute sa vie à ses proches de ne pas avoir cru en elle ou d’avoir écrasé son rêve.

  2. Je comprends ton dilemme : quand le niveau scolaire est très très insuffisant, c’est honnête de dire à un adolescent qu’il lui faudra énormément travailler, et de ne pas lui cacher les difficultés. Après y’a quand-même une grande différence entre ne pas cacher les difficultés et dire “c’est impossible laisse tomber”. Il y a des gens qui deviennent journalistes sans passer par Sciences po, ni même par la fac, qui fondent des revues indépendantes… alors ça ne se fait peut être pas de la façon dont ils l’avaient imaginé, mais si leur rêve était d’écrire et faire des reportages, défendre des idées etc, alors ils l’ont atteint, même en prenant des chemins détournés. C’est pareil pour le foot je pense : on peut conseiller à une adolescente dans un tel cas de se renseigner au maximum, de regarder les voies possibles, d’étudier les parcours de vie des footballeuses professionnelles, les voies de recrutement dans les clubs… Et on peut aussi lui dire que la passion du foot ne conduit pas seulement à jouer dans une équipe pro et en vivre, il y a plein de métiers différents qui gravitent autour et pourraient la passionner. C’est tout un équilibre effectivement entre rester lucide sur le chemin à parcourir et ne rien se fermer par principe (après il est clair que certaines personnes partent avec plus de choix possibles et d’avantages que d’autres et c’est très injuste)

      1. Oui, je comprends bien ! Mais du coup, et là c’est aussi mes convictions politiques qui parlent, ça me paraît important que les ados se rendent compte que c’est pour ça qu’ils sont désavantagés, et que ce n’est pas de leur faute en tant qu’individus. Sinon le risque c’est de se dire qu’on aurait pas du se lancer là dedans car on était pas assez talentueux etc… alors que le talent ça tombe pas du ciel, pour plein d’orientations avoir le réseau, la familiarité avec la langue française, une certaine culture vue comme légitime etc, c’est de gros gros avantages. La dessinatrice Emma parle un peu de ça dans le début de cette itw où elle explique que pendant longtemps elle pensait que ses difficultés étaient dues à son manque d’efforts : https://www.revue-ballast.fr/emma-faire-peter-le-patriarcat-en-meme-temps-que-le-capitalisme/?preview_id=35352

          1. Oui en effet le cas est un peu différent, c’est davantage un parallèle que je fais moi parce que je pense qu’il se passe un peu la même chose avec les femmes, souvent tendance à se mettre toute la responsabilité sur le dos… Mais oui c’est juste une comparaison pour le coup, le cas est différent.

  3. Personnellement, je pense qu’il faut donner les bonnes clefs aux enfants et les laisser suivre leurs rêves, tout en les mettant en garde malgré tout. C’est tellement épanouissant et enrichissant d’avoir des rêves, réalisables ou pas d’ailleurs. Ca nous rend simplement humain et vivant. Pour ma part, mes parents m’ont toujours encouragés à suivre mes rêves. Depuis toujours je veux faire quelque chose dans le dessin et la peinture. Et depuis toujours je sais que ce n’est pas facile et qu’il faut s’accrocher. Je suis en dernière année d’études, et même si je sais que ca ne sera pas facile tous les jours, je me dis que j’ai énormément de chances de pouvoir faire ce dont je rêve, ce qui m’anime chaque jour et me rend vivante. J’ai beaucoup de chance d’avoir des parents qui sont à fond derrière moi. J’aurai été très malheureuse si j’avais suivi un cursus normal pour finir derrière un bureau ou faire quelque chose qui ne m’aurait pas plu. Après mon père est intermittent alors je connais les petites galères que ça implique. Mais rien ne m’arrêtera, j’ai mes rêves et ma passion en moi, et l’envie de réussir et d’aller au bout du rêve.

  4. Mes parents ont toujours eu la même approche : lorsque nous exprimions notre rêve, ils nous disaient toujours que c’était possible mais qu’il faudrait beaucoup travailler et nous aidaient à trouver la voie pour y arriver. Tu veux devenir styliste? Prends des cours de dessin et de couture puis travaille dur pour obtenir telle ou telle école, fais un maximum de créations dès maintenant etc etc. Souvent, on les abandonne de nous-même ces rêves, en se rendant compte qu’on aime ni dessiner ni coudre… et que ce n’est pas grave!

  5. Je réagis car mon fils de 12 ans veut être footballeur. .. mais comme votre petite soeur il n’est pas en sport études juste en option foot au collège . Quand’ il me parle de son rêve de devenir footballeur auquel il croit dur comme fer , moi j’ai tellement peur qu il tombe de haut que je le lui dis ” tu sais je suis désolée mais tu ne seras pas footballeur Q, ce n’est pas possible, c’est trop tard , tu n’es pas en détection , ton club est tout petit ” . Je le fais la mort dans l âme , et il pleure et me dit que je ne crois pas en lui. Ai je eu tort de lui dire cela, de briser son rêve. ..? . Je ne sais pas .

    1. Le souci pour le foot c’est que les équipes nationales vendent du rêve, et c’est l’arbre qui cache la forêt, les plus jeunes n’imaginent pas les galères que c’est pour tous ceux qui ne jouent pas dans THE équipe cotée avec de gros salaires… mais si c’est le foot qui le passionne, il y a sans doute plein d’autres métiers possibles en lien avec ça : on peut devenir coach, préparateur sportif, journaliste sportif… 🙂

  6. Mes gosses ont des rêves. Ils me paraissent démesurés. Mais ces rêves sont leurs moteurs… ces rêves leur font du bien. alors on suit. La vie se chargera, ou pas, de leur expliquer que le rêve va devoir être réajusté… peut-être ces rêves évolueront… peut-être que les projets changeront. Mais je pense que ce n’est pas à moi, parent, de dire stop. Ils ne savent pas que c’est impossible… alors peut-être le feront-ils. 🙂

  7. Un rêve porte, non pas à sa réalisation mais à la connaissance de Soi et à sa propre transcendance permettant de vivre des échecs souvent salvateurs mais aussi des expériences qui forgent. Alors, non, il ne faut pas les “casser” de mon avis. De toutes manières, énoncé par d’autres, çà a toujours l’effet inverse, de s’atteler au contraire à ce qui ne nous convient pas. Chaque être est constitué pour se transformer, évoluer, faire des deuils, c’est mieux de les laisser alors 🙂 Quant à l’orientation pro, oui, d’accord qu’on devrait être capable d’approuver tout choix, qu’il soit CAP ou autre. Mais on est engoncé dans les à prioris, et puis surtout, sait-on réellement ce qui est bon pour nous à 18 ans ? Alors, même encouragé à décider en son âme et conscience, pas sûre que le jeune fasse les bons choix. la vie est faite pour Oser, alors, Osons à n’importe quel âge 🙂 Je suis référente d’insertion de métier. Je n’ai pas la prétention de diriger chaque jeune au mieux. Ce que j’essaie de leur apporter, c’est juste une meilleure estime de soi par la reconnaissance et l’écoute. Le chemin est long, quoiqu’il en soit. Mais au final, n’est-ce pas le propos de la vie ? Le chemin ? 🙂 beau dimanche à toi 🙂

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