Ma liiiiife

Je suis fat et ça vous pose un problème ?

J’ai posté sur les sites de rencontres, une photo de moi, sans me vanter, vraiment belle. A cette époque, j’étais en train d’attendre le bus pour aller au travail, on était au printemps 2017 et la vie était belle. Maintenant j’ai changé, j’ai enflé des joues, du ventre et des hanches.

J’étais déjà en petit surpoids avant mais je pense qu’on peut dire maintenant que je suis en surpoids tout court. Je suis fat, je fais du 46, probablement qu’avec les médicaments, je vais monter au 48. On m’a fait remarqué en riant, que j’étais grosse et qu’il fallait que je me mette à la gym car j’avais le souffle court.

Une autre caractéristique des médicaments de psychiatrie, vous avez le nez bouché. Bref, la remarque n’était pas méchante, plutôt taquine mais je l’ai mal pris. Pourquoi donc ? Car j’ai dû mal encore à accepter mon état et tout ce que ça implique.

Je ne suis plus cette fille souriante et bien proportionnée. Je suis maintenant cette fille qui a passé une deuxième séjour en psychiatrie et qui doit vivre avec ces troubles psychiques. Je ne suis plus cette fille qui rêve de Strasbourg mais cette fille qui se demande si c’est une bonne idée de partir loin de ses parents si c’est pour retourner à l’hôpital encore.

Je ne suis plus cette fille qui va au sport pour décompresser, je suis cette fille qui se demande si elle va prendre plus de poids que prévu. Je suis cette fille qui sait pertinemment qu’elle ne sait pas faire attention à ce qu’elle mange car elle adore manger. J’aime la bouffe.

Je suis en triste car je dois composer avec un nouveau moi… Je suis triste car je me suis battue depuis toute jeune pour sortir de ma condition d’enfant maltraitée et je découvre que malgré ma volonté, il y a un prix à payer. Celui des troubles psychiques. Aujourd’hui ça ne va pas fort. Ça ira mieux demain. N’oubliez pas que derrière chaque apparence se cache une histoire dont vous n’avez pas idée.

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14 réflexions au sujet de “Je suis fat et ça vous pose un problème ?”

  1. Bonjour Léonie !
    Je découvre ton blog aujourd’hui via la une de Hellocoton;

    J’avais juste une question ( et j’espère sincèrement que tu ne la prendras pas trop mal, car le but n’est pas de blesser) : pourquoi dis-tu “fat” et pas carrément “grosse” ?

    A mon sens, dire “fat” et non pas “grosse”, c’est comme ne pas assumer ou avoir honte…Enfin, c’est mon ressenti ( ça me rappelle l’époque honteuse où je disais “Black” et non pas “Noir(e)” comme si le mot (ou plutôt la couleur de peau) “Noir (e) était un gros mot ( et je suis une femme Noire).
    Idem pour les gens qui disent “rebeu”, parce qu’ils n’osent pas dire “Arabe”.

    Le chemin de l’acceptation, aussi sinueux et douloureux soit-il, ne passe-t-il pas par appeler un chat un chat ? par mettre le bon mot sur un état ?

    Je m’interrogeais tout simplement…

    1. C’est une très bonne réflexion. Grosse a un emploi péjoratif que je m’évite d’utiliser en effet. Peut-être aussi que je me refuse à être défini par mon poids quelque part !^^

  2. Plein de courage à toi ! C’est difficile les cachets, surtout les traitements très lourds quand on sort d’internement. On devient gros, on porte la maladie sur soi. Le commun qui ne comprend pas pourquoi on est fatigué, pourquoi on se laisse aller comme ça … Pour ma part j’ai choisi de dire que je suis malade, tout le monde le sait. Etrangement j’ai eu beaucoup moins de remarques … Certains ne m’ont plus jamais parlé. Sois fière d’avoir été courageuse, de t’être battue, d’être une survivante.
    Une consœur de folie, Borderline.

    1. Merci Violette, tu as décrit parfaitement ce que ressentent chaque malade, tu as raison d’assumer! Courage à toi aussi et merci pour ton commentaire.

  3. Oui, la pression sociale est usante et ne fait que nous culpabiliser encore plus quand cela va mal. J’ai vécu des moments très difficiles aussi après le décès de ma mère. J’ai été suivie pendant un peu plus d’un an puis le temps (9/10 ans) est venu sécher mes larmes même si le manque et la peine reste. J’ai consulté un psychiatre psychothérapeute homéopathe qui m’a écouté et donné pour m’aider de l’homéopathie et des fleurs de Bach. J’ai eu la chance que cela marche bien pour moi et m’évite un traitement plus lourd. J’espère qu’un jour tu n’auras plus besoin du traitement que tu prends et retrouveras ta liberté car je sais à quel point c’est une contrainte d’être dépendant d’un traitement et comme du coup on se sent moins solide. J’espère que tu vivras une année 2018 de renouveau vers un nouveau bien-être. Quand tu te sentiras bien, le reste suivra comme l’explique le Docteur Stéphane Clerget dans “les kilos émotionnels, comment s’en libérer”. Courage Léonie.

    1. Merci pour ce touchant témoignage Sissi et oui, c’est un chemin pour être heureuse et épanouie surtout quand le psychisme déraille. Mais je vais y arriver ! 🙂

  4. On change, on évolue, en grandissant on prend des formes et du poids, c’est souvent inévitable. Quand s’ajoute à cela des soucis médicamenteux, ça n’aide pas. Mais il faut réussir à faire le deuil de cet ancien corps et s’accepter dans le nouveau. Etre heureuse à l’intérieur se ressentira à l’extérieur et ne pas aimer son corps n’est jamais bon. Même en faisait du 46 il faut se dire qu’on n’a qu’une vie et que tant qu’on ne met pas sa santé en danger, il faut profiter et s’accepter telle que l’on est <3

    1. C’est un très beau message et oui mais je dois encore faire mon cheminement propre avant d’accepter ce nouveau corps ! ^^ Merci pour ton commentaire !

      1. Oui, quand on prend du poids, on est forcément mal dans sa peau. J’ai grossi ces dernières années et ce qui m’a aidée, c’est de me dire que j’ai de la chance d’être valide, en pleine possession de mes moyens intellectuels et physiques. Il y a tellement de personnes qui n’ont pas cette immense chance. Y penser, cela rend pragmatique et reconnaissant de ce que l’on a déjà. Je suis certaine que tu vas remonter la pente et tu seras plus forte qu’avant. Bisous.

  5. Nous sommes dans une société de clichés où l’apparence semble reine, mais si tu enlèves le vernis, il n’y a rien, alors que toi tu es une personne avec beaucoup de qualités humaine .
    Faire du sport pour sa santé oui, pour répondre à un cliché non.

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