La transmission.

La transmission.

Je suis allée manger chez ma mère avec ma soeur et je dois dire que ma soeur perpétue les traditions familiales. Elle parle mal à ma mère, elle la commande.

Moi, je ne dis plus rien. Ca a trop été mon job pendant longtemps. Quitte à être isolée, j’ai envie de partir. Je ne veux pas de ça. Je ne veux pas un jour que mes enfants assistent à ça.

Nous sommes les cas sociaux des deux côtés de la famille, je ne veux pas qu’on soit les cas sociaux des cas sociaux. Demain je vais manger chez mon père et il y aura ma mère.

Va-t-il bien se comporter avec elle ou va-t-il faire ses blagues insultantes ? Mais ce qui me fait le plus peur dans tout ça, c’est moi. J’ai certaines réactions comme mon père, je m’énerve comme lui.

Je n’ai pas envie de transmettre la peur et le fait de ne jamais savoir comment se comporter à mes enfants. Est-ce que j’aurais la patience de me taire quand il le faudra ? Je veux autre chose que tout ça.

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“Transformer la boue en or.”

“Transformer la boue en or.”

Je n’ai jamais su comment faire de mes années de maltraitance et maintenant de ma maladie, quelque chose de positif. Il y avait bien sûr être éducatrice mais comme dit ma psy, c’était motivé par le fait que je ne voulais pas ressembler à mon père.

Moi je crois surtout que je jouais le rôle que j’avais dans ma famille. La première chose qui me vient à l’esprit pour transformer toute cette boue en or, c’est de me mettre au service des autres.

Il s’est dégagé un métier parmi ceux dont on a parlé… secrétaire médicale ! Et c’est inlassablement la même chose, vais-je réussir à supporter le public ? Ne vais-je pas m’énerver ? Ne vais-je pas faire une rechute ?

Pour moi il est inconcevable de travailler à mi-temps! Se serait un bon compromis mais soyons réalistes, on ne peut pas vivre avec un mi-temps !!! Et puis c’est dérangeant, les professionnels que j’ai autour de moi ne disent pas la même chose.

Certains pensent que ma maladie est passagère et que je vais me stabiliser, d’autres pensent au contraire qu’il faut tabler sur du long terme. Et moi comme d’habitude je ne sais pas ce que je ressens !

Sur le plan des émotions c’est un chouilla plus stable mais parfois j’ai encore envie de me scarifier. Donc ce n’est pas la stabilité rêvée mais bon avec tout ça, je ne sais pas si un jour je serai de nouveau stable ! Ca fait plus d’un an que je vis avec ses pensées.

Je pense qu’en définitif il faut que je prenne soin de moi MAIS le principal problème est que je ne sais pas où se situent mes capacités. Ce que je suis capable de supporter ou non, ce que je suis capable de prendre sur moi ou non. On en revient toujours l’éternelle question : qui je suis ?

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La routine.

La routine.

J’ai l’impression de passer à côté de ma vie. Comme si quelque chose s’était déréglé quand je ne l’avais pas vu. Est-ce après le bac ? Est-ce après ma TS ? Je pense qu’il faut regarder l’instant présent et composer avec ce que l’on a et surtout ce que l’on est.

Mais je pense que d’avoir des parents derrière soi supportifs, aidants, écoutants, ça fait beaucoup. Mes parents sont totalement largués et n’ont jamais pris la peine d’aller aux réunions avec les profs par exemple pour comprendre mais tout ça c’est du passé.

Le problème qui se pose est que je ne sais pas qui je suis. Je le savais à un moment donné de ma vie où j’étais éducatrice et puis j’ai découvert que c’était le rôle que mes parents m’avaient assigné.

Mais comment composer quand toute raison d’être a disparu ? Il y a certaines passions qui sont revenues comme le théâtre… Mais je n’ai plus cette envie depuis longtemps de franchir des Everest.

Je suis bien dans ma petite routine avec mon petit appartement et ma voiture. Pourtant j’aspire à mieux, je veux une maison et une voiture. Je veux encore et toujours changer de ville.

Mais ce qui me manque immanquablement c’est un projet. Quelque chose qui me porte. On est en train de dégoupiller tout ça avec Ditwan. Je pense aussi que les médicaments calment ma personnalité.

Je ne suis plus fonceuse. Le fait d’habiter chez mes parents étaient aussi un sacré bon moteur. Mais je pense que le fond du problème est que je ne sais pas vivre pour moi et faire des choses pour moi. Tu vois où je veux en venir ?

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Ces liens.

Ces liens.

Hier j’étais dans un bar à vins avec un pote et j’ai vu ce qui semblaient être deux mères de famille avec leurs filles. Et j’ai trouvé ça tellement génial ! Je me rends compte que mes parents m’ont façonné comme étant une nana hyper-conventionnelle.

Je n’ai pas pu tisser des liens d’amitié durable qui me permettent de faire des sorties, je ne fais moi-même pas de grandes sorties. Les seules sorties qui nous faisions avec mes parents c’est d’aller au Quick. Et on a fini par arrêter.

Je ne connais pas les sorties en vacances, les vacances elles-mêmes et les restaurants. Les week-ends improvisés ou non, les ballades le dimanche, les repas entre amis.

Je pense que vous ne vous rendez pas compte à quel point c’est difficile de faire quelque chose quand on ne nous l’a jamais appris. Je rajouterai qu’il est aussi difficile d’avoir de l’ambition quand on a connu que les HLM.

On ne se sent pas légitime à avoir autre chose. Moi-même je me mets des barrières, je n’ai pas postulé à des licences pro parce que dans le fond je ne crois pas mériter ma place alors que si ! C’est stupide. Mais il y a une peur mélangée à une appréhension de ne pas faire comme papa-maman.

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Les règles.

Les règles.

J’ai mes regneugneu ! Ca fait au moins 5 ans que ça ne m’était pas arrivé ! Vous imaginez ma joie à cette découverte, oui, je suis encore fertile ! Et puis les jours ont passé…

Et ça fait maintenant 10 jours que j’ai mes règles. Ce n’est pas normal. Les cycles longs sont un caractéristique des ovaires polykystiques. Mais je ne comprends pas… avant mon traitement hormonal, j’avais mes cycles réguliers.

L’androcur et l’estréva bousilleraient-ils mes hormones et tout mon cycle ? J’aimerai bien arrêté tout ça mais je me suis sentie tellement tellement en colère quand j’ai arrêté. Une médecin de l’HP m’a dit que c’était normal, l’absence d’hormones…

Je ne sais pas si je dois ou non arrêter les hormones. J’aimerai naïvement que ça me ramène un cycle normal. JE VEUX DES ENFANTS !!

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Handicap mental.

Handicap mental.

L’assistante sociale de la MPDH m’a dit que j’avais un handicap psychique et ma psy m’a dit que j’avais un handicap. Cette dernière pense que j’ai effectivement un côté borderline, la paranoïa sensitive et un trouble de l’humeur.

Bref, comme toujours dans ma merveilleuse vie, j’ai une combo gagnante ! J’ai clairement du mal à accepter ce terme de handicap. Et vous savez pourquoi ?

Parce qu’on n’en parle pas assez ! Il n’y a pas de campagnes, d’acteurs français qui parlent de maladie mentale. C’est policé, c’est tout beau. Et quelque part, excusez-moi du peu mais ça me semble fou qu’on dise “t’as ça, ça et ça” donc tu es!

Mais si je n’avais rien pourquoi alors j’ai fortement rechuté quand j’étais éducatrice ? J’avais le boulot, l’appartement. Je ne parlais plus à mes parents. J’aimais ma vie. Après je voulais changer, c’est vrai mais j’aurai préféré ne pas avoir de rechutes…

Je crois bien que le handicap psychique c’est que tu n’as aucune prise sur ton mental. Ca fait 2 jours que je me retiens de me scarifier. Joie. Ca fait partie de la maladie…

Je crois que ce qui caractérise le plus mon handicap c’est l’instabilité, psychique, de l’humeur, des émotions. Il m’arrive parfois de m’énerver pour rien pour des choses sans importance.

De ressentir un grand énervement parce que j’interprète mal des choses. La psychologue, les psychiatres, les infirmières, les livres peuvent vous apprendre à maîtriser ça mais clairement quand c’est en vous, c’est compliqué. Voilà ma deuxième caractéristique, l’impulsivité.

Je suis impulsive dans mes réactions et dans mon jugement, ils me font un temps d’arrêt pour me corriger. C’est compliqué…

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Le rendez-vous.

Le rendez-vous.

Aujourd’hui, j’ai eu rendez-vous avec l’assistante sociale de la MPDH. Et je pensais qu’elle allait m’interroger sur ma pathologie et en fait non. Elle me propose un dispositif pour accompagner les personnes avec un handicap à un emploi ou une formation.

Elle m’a confirmé que c’était très difficile pour les personnes handicapées de trouver un emploi. Alors voilà, je suis satisfaite de cet échange mais seulement VOILA j’ai peur de me tromper de dispositif, de ne pas être bien orientée. J’ai peur de me retrouver sans rien. J’ai peur d’être blacklistée dans les entreprises. J’ai dit oui mais je peux encore renoncer.

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Avenir.

Avenir.

Je vais peut-être écrire quelque chose d’évident mais comment les choses nous sont présentées influent grandement la perception qu’on en a. Et je viens de finir un livre sur les borderlines.

Alors clairement il n’y a aucun traitement médicamenteux pour le trouble borderline (bon ça, je le savais déjà), on peut travailler avec un psychothérapeute mais là encore rien ne dit que ça aura un quelconque résultat.

WAHOU comme ça fait trop trop plaisir de lire ça ! Certes, c’est la réalité mais est-ce que c’était utile de le mentionner ? Parce que ma première réaction à ça a été d’avoir envie de me scarifier et de prendre des médicaments.

Mais du coup pour contrecarrer ça, j’ai mangé. Donc en gros je vais devoir gérer mes émotions seule, mon énervement seule, ma paranoïa, l’envie de me scarifier et j’en passe et des meilleurs.

Entre ça et la RQTH qui ne sert à rien, ça va être quoi mon avenir ? Je vais faire quoi ? Je vais vivre du RSA comme un cas soc’ ? C’est quoi cet avenir de merde sérieux !!!! Il y a 3 ans, j’aurais mieux fait de ne pas me rater parce que cet avenir de merde, je n’en veux pas. Et s’il se dessine vraiment, je prendrais les mesures nécessaires.

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Ça me manque…

Ça me manque…

Ça me manque de ne pas avoir une famille soudée, de ne pas avoir de soeur avec qui partager ma vie, faire des soirées.

Ça me manque de ne pas avoir de parents sur qui compter, qui me donnerait leur avis en tout objectivité qui m’aiderait financièrement quand je suis dans la merde.

Ça me manque de ne pas sortir au restaurant en famille, de ne pas aller au cinéma.

Ça me manque de ne pas partager des instants de vie, des rires, des choses où tout le monde serait content.

Ça me manque mais en même temps ça ne me manque pas vu la famille que j’ai, je n’ai jamais connu ça. J’espère construire ça avec ma famille future..

PS: Je sais que rien n’est parfait mais il y a une différence entre ma famille de tarés et une famille à peu près normal.

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Le mental.

Le mental.

Une Madame qui se reconnaîtra et une connaissance à moi m’ont spécifié que la RQTH ne servait à rien et qu’il était difficile de trouver du travail. Chouette.

Cristina dans Grey’s Anatomy disait un truc du genre, le physique surpasse la matière et je me demandais si ça pouvait s’appliquer au mental ? Genre, si on ne m’avait pas tiré l’étiquette de borderline est-ce que je n’irai pas mieux ?

Est-ce que je ne me dirai pas “je vais faire ça, ça et ça!”. Est-ce que je ne serai pas moins paniquée en somme ? Je veux dire surtout est-ce que je ne surpasserai pas ça ?

Bon, je suis cinglée mais est-ce qu’on ne peut pas guérir en se persuadant d’une chose ? Est-ce que le mental n’a pas une capacité de régénérescence ? Je veux dire, quand j’étais chez mes parents, ce qui m’a permis de tenir toutes ses années, c’est le baccalauréat.

Je ne pensais pas à mes envies suicidaires, je ne pensais pas à ma colère que j’exprimais. Et si j’avais eu ça, si on m’avait dit “tu es borderline” peut-être que je ne serai jamais partie à la Rochelle ! Peut-être même que je n’aurais pas eu mon bac (pour ce que ça m’a servi…).

Quand on vous colle une étiquette c’est difficile de passer outre. Bon remarquer pendant deux ans, on m’avait dit que je n’avais pas de pathologies et pourtant je rechutais !!

Tout ça me laisse un goût amer. Comme dit mon cher géniteur : “c’est marche ou crève”. Alors, je crève ? (Oui je suis une drama queen).

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